Confiance en soi – Préserve ton Ginga

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi plus vous essayez d’être dans la norme et moins ça fonctionne ?

Cela vient de votre « Ginga ».

« A force de vouloir rentrer dans le moule, on finit par ressembler à une tarte ». Bernard Weber

Le Ginga c’est votre style, votre personnalité.

Quel rapport avec la confiance en soi ?

Vous ne pouvez pas avoir confiance en vous si vous ne vous acceptez pas. Le tout étant de savoir comment s’intégrer en restant soi-même.

Si j’aborde la confiance en soi à travers ce terme c’est qu’il est bien révélateur de notre époque.

D’un côté on nous demande de nous conformer à la norme sociale pour être intégré et d’un autre côté on nous demande de rester nous-même. Alors comment réconcilier les deux approches.

Pour faire ma démonstration je vais donc m’appuyer sur l’histoire de l’équipe de football brésilienne qui a été confrontée à cette problématique dans les années cinquante et notamment lors de la coupe du monde en 1958.

Un peu d’histoire

La Coupe du monde de football est le championnat du monde des équipes nationales masculines de football.

Créée le 28 mai 1928 par le français Jules Rimet, le président de la Fédération internationale de football association (FIFA).

L’événement permet à toutes les équipes reconnues par la FIFA d’y participer.

Elle a lieu pour la première fois en 1930, en Uruguay. La compétition a lieu tous les quatre ans.

La coupe remise au gagnant prendra le nom de son créateur. La coupe Jules Rimet.

Origine du Ginga

Le Ginga fait référence au style particulier des joueurs de football brésiliens. A l’origine ce terme vient de la capoeira pour désigner le mouvement de base qui est le jeu de jambe.

Par la suite la Ginga a été associée à un style de jeu et un état d’esprit typiquement brésilien qui consiste à ne pas se prendre au sérieux.

Il correspond à un style de football appris dans la rue.

Apparemment ça fonctionne puisque l’équipe du Brésil est celle qui a remporté le plus de coupe du monde de football depuis sa création.

Contexte

A l’époque les équipes européennes sont plus nombreuses et considérées comme étant les meilleures équipes. Et dans une certaine mesure ce n’était pas faux.

Des années trente jusqu’aux années cinquante le football sud-américain et donc brésilien n’était pas spécialement considéré comme dangereux par les européens qui dominaient la scène internationale.

Les brésiliens savaient que leur jeu était atypique et faisaient un complexe d’infériorité vis-à-vis des joueurs européens.

Le choc

Au Brésil, le football est considéré comme une religion. C’est tout un pays qui est derrière son équipe nationale. Quand elle joue, tout s’arrête dans le pays. Elle est un symbole de réussite pour tous les brésiliens.

En 1950 et en 1954, l’équipe est à chaque fois éliminée et c’est un drame national. Les dirigeants du pays et de l’équipe attribuent ces échecs à son style de jeu, le Ginga, qu’ils jugent trop brouillon et sans discipline à l’inverse du jeu pratiqué par les autres équipes.

La consigne est donnée de ne plus pratiquer ce football de rue. Les joueurs devront se conformer au style tactique européen.

Ne plus jouer avec le Ginga

La révélation

En 1958, la nouvelle coupe du monde organisée en Suède peut être l’occasion pour le pays de retrouver sa fierté à travers son équipe. Cela devient une cause nationale.

D’autant plus que l’équipe intègre un jeune joueur de 17 ans qui démontre certains talents mais joue avec le Ginga. Pelé.

Pelé a appris à jouer dans la rue avec un ballon constitué de bandes de chiffons. Quand on joue dans la rue, le terrain est accidenté, pentu, il y a des trous, des bosses, l’espace est réduit et l’on est obligé d’adapter ses gestes pour pouvoir jouer.

On développe sa dextérité et son agilité face à des rebonds incertains du ballon. On est obligé d’être créatif pour maitriser la balle. C’est ce style de jeu qui a donné naissance au Ginga.

Le joueur brésilien occupe un poste mais il joue librement en se déplaçant en fonction du jeu. Il ne calcule pas. Il joue en se faisant plaisir comme il l’a appris avec ses copains dans la rue.

Mais les consignes de l’encadrement pour jouer pendant cette nouvelle compétition étaient claires. Les joueurs devaient abandonner cette façon de jouer.

L’entraineur avait la ferme intention de faire appliquer à ces joueurs les tactiques utilisées par les autres équipes. Un joueur occupe un poste et une zone et ne doit pas en sortir en fonction des directives. Il rentre dans un schéma de jeu.

Cela implique de la discipline et de la rigueur au détriment de la créativité.

La compétition démarre et l’entraineur s’aperçoit que cela ne fonctionne pas même si l’équipe s’en sort quand même lors des premiers matchs mais avec difficulté.

Pour les phases finales de la compétition il leur demande donc de reprendre leur jeu habituel. Le Ginga.

L’équipe du Brésil se retrouve en finale face à la Suède, le pays hôte, qui est largement favorite.

Mais le miracle se produit, le Brésil bat la suède 5 à 2 et le jeune prodige, Pelé, marque deux buts.

Le style Ginga

Pourquoi le brésil a voulu abandonner son style Ginga

Les dirigeants du Brésil pensaient qu’en se conformant aux mêmes styles de jeu que toutes les autres équipes elle parviendrai à gagner.

Ils avaient associé leurs précédents échecs à leur style de football alors qu’il n’en n’était rien. Les raisons de ces échecs étaient autres. Les autres équipes étaient tout simplement meilleures.

Mais quand l’équipe du Brésil a eu de très bons joueurs ils ont démontré que leur football pouvait les faire gagner et en plus avec la manière.

Utiliser son Ginga pour avoir confiance en soi

Pendant la période durant laquelle l’entraineur a demandé aux joueurs brésiliens de ne pas utiliser leur style de jeu ils avaient complètement perdu confiance en eux.

Pour une raison simple à comprendre. Ce n’était pas leur jeu. Ils ne savaient pas jouer autrement.

Dès qu’ils ont eu le feu vert pour reprendre leur manière de jouer ils ont repris confiance en eux et ont pu gagner la Suède et leur première coupe du monde.

Il faut quand même souligner qu’il avait intégré dans leur équipe celui qui deviendra un des meilleurs joueurs de toute l’histoire du football. Pelé.

Depuis, l’équipe du Brésil a remporté cinq coupes du monde et reste l’équipe la plus titrée.

Ginga, conformité et cadre de référence

Bon je vais mettre les pieds dans le plat tout de suite, tout le monde n’a pas de Ginga et la majorité des gens va choisir la conformité par défaut.

Je ne vais pas opposer ici les deux profils. L’idée c’est de comprendre comment ils fonctionnent.

Le Ginga vient de votre cadre de référence. Votre éducation, vos formations, vos expériences et votre culture. Vous ne pourrez pas le changer.

En revanche, vous pourrez le faire évoluer. C’est votre façon de raisonner et de fonctionner. C’est votre attitude. Elle a des points forts et des points faibles.

A l’époque les brésiliens ont essayé de changer mais en effaçant leurs points forts et développant leurs points faibles et ça n’a pas fonctionner. Quand ils l’ont compris ils ont fait machine arrière.

Cela dit, avec les années s’ils ont préservé leur Ginga ils ont aussi travaillé sur leurs points faibles. Ils ont mieux structuré leur jeu, leurs tactiques et ont fait preuve de plus de discipline.

C’est ce qui leur a permis de continuer à gagner des coupes du monde et à rester le football le plus plaisant à voir jouer.

Ginga et évolution

Depuis plusieurs décennies, de nombreux joueurs brésiliens jouent dans des équipes européennes qui ont un football plus physique et tactique. Du coup très efficace.

En intégrant ces qualités les brésiliens ont amélioré leur propre football. D’ailleurs c’est le cas du football Sud-Américain de manière général.

En clair, rien n’empêche de préserver son Ginga tout en intégrant un peu de conformité. C’est-à-dire évoluer et intégrer les règles de fonctionnement de l’environnement dans lequel on évolue.

Sans cette évolution le Brésil n’aurait pas pu continuer à tenir le haut du pavé.

C’est d’ailleurs ce qui est arrivé aussi aux joueurs de l’équipe de France dans les années quatre vingt dix. L’équipe de France jouait très bien mais ne remportait aucune compétition.

Il se trouve que certains d’entre eux ont été jouer dans des grands clubs européens qui avaient l’habitude de remporter des titres. C’est ce qui leur a permis d’acquérir le Mindset pour aller jusqu’au bout dans les phases finales.

En 1998, l’équipe de France a gagné sa première coupe du monde.

C’est ce qui s’est passé pour les brésiliens. Quand ils ont compris que leur Ginga était leur force ils ont gagné. Et quand l’équipe de France a compris qu’il fallait développer son point faible. Le mental. Ils ont gagné.

Si vous êtes dans l’une ou l’autre des postures peut être que cela pourra répondre à des questions que vous vous posez sur votre personnalité.

Exemples de joueurs de Ginga (hors brésiliens)

Tous ces joueurs avaient du Ginga en eux. C’est ce qui en fait de grands champions. J’aurai pu en ajouter d’autres à cette liste.

  • Cruyf
  • Platini
  • Francescoli
  • Cantona
  • Ginola
  • Ronaldo
  • Zidane
  • Maradona
  • Messi

En résumé

Préserver son Ginga c’est avoir conscience de ses qualités et de les développer. Dans sa théorie, les intelligences multiples, Howard Gardner l’explique très bien. Nous avons tous des prédispositions particulières voire un talent ou un don pour quelque chose si infime soit-il.

Le tout étant d’en avoir conscience pour le développer et l’entretenir mais en tenant compte de l’environnement dans lequel on navigue.

Donc trouvez votre Ginga, développez-le et vous développerez votre estime, et confiance en vous.

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Je suis Luc Levasseur et depuis 20 ans j'ai moi même appris et appliqué ces techniques dans le monde de l'entreprise. Avec les années, j'ai constaté qu'elles avaient contribué à mon propre développement personnel. Au début, je l'ai fait pour des raisons liées à mon travail mais avec l'expérience et la pratique je me suis aperçu que je les appliquais de manière naturelle même dans ma vie personnelle. Avec ces méthodes j'ai développé mon estime de soi, ma confiance en soi et j'ai appris à m'affirmer sereinement.

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