Polychrone Vs Monochrone

Vous ne savez pas pourquoi vous n’arrivez pas à faire plusieurs choses à la fois ou à l’inverse pourquoi vous n’arrivez pas à vous concentrer sur une seule tâche à la fois.

Vous avez des difficultés à gérer votre temps et à respecter les horaires ou au contraire votre rigueur vous empêche de faire face aux imprévus.

La réponse se trouve certainement dans votre mode de fonctionnement.

Comme l’a écrit l’anthropologue Edward T. Hall dans son ouvrage best seller publié en 1959 « Le langage silencieux », nous avons tous un mode de fonctionnement et un rapport au temps selon deux schémas.

Un schéma monochrone et un schéma polychrone qui déterminent notre manière d’agir face à une tâche et au temps.

Il associe également ces modes de fonctionnement avec les notions interculturelles.

 

Les différences de fonctionnement

Il y a effectivement deux approches pour gérer son temps notamment en organisation.

Personnes monochrones

Les personnes monochrones préfèrent élaborer des plans structurés et de les suivre étape par étape jusqu’à leur aboutissement.

Elles ont besoin de se sentir en contrôle de la situation et de garder la main sur le déroulement des événements.

Elles n’aiment pas les imprévus et préfèrent tout prévoir à l’avance en organisant leurs activités aussi bien sur le plan personnel que professionnel.

Les personnes monochrones ont besoin de ce type de fonctionnement pour prendre leurs décisions et avancer.

Le respect des horaires et du timing est très important notamment comme norme sociale.

Personnes polychrones

Les personnes polychrones ont plus besoin de ne pas se sentir enfermées dans des schémas organisationnels trop structurés.

Cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas organisées mais tout simplement qu’elles ont besoin d’avoir plus de marge de manœuvre.

Elles gèrent plus facilement les situations imprévues pour revenir ensuite sur les autres tâches initialement prévues.

L’improvisation alimente leur motivation en quête de nouveau continuellement.

Elles affectionnent le fait de passer d’un dossier à un autre ou d’une tâche à une autre.

C’est ce qui fait qu’elles ont tendance à papillonner et parfois à se disperser.

Elles n’aiment pas particulièrement planifier leurs tâches et préfèrent se laisser porter par les événements.

Les personnes polychrones n’ont pas un rapport aussi exigeant avec les horaires que les personnes monochrones.

Des modes de fonctionnement influencés par notre langue

Photo of thoughtful lady, thinking over her plan about running away from home while isolated with red background

Dans leur livre « L’intelligence interculturelle », Michel Sauquet et Martin Vielajus expliquent comment notre langue et sa construction grammaticale influe notre mode de fonctionnement et de perception du temps.

Les règles de grammaire que nous avons apprises et utilisons déterminent notre relation au temps et notre façon de penser.

En effet, l’architecture d’une langue influence notre manière de raisonner et de voir les choses en fonction du passé, du présent et du futur.

Si certaines langues conjuguent le passé, le présent et le futur d’autres n’ont pas ces subtilités.

Et comme les mots déterminent nos pensées cela implique forcément une perception du temps différente.

Dans la langue française nous avons cette notion chronologique à l’inverse du mandarin chinois qui ne conjuguent pas les verbes.

Il en résulte une perception complètement différente du temps.

Pour les chinois la notion du temps est plus cyclique.

C’est pour cette raison, qu’en affaires, un chinois et plus largement un asiatique qui vous dit oui ne valide pas son souhait de travailler avec vous mais plus le fait qu’il a compris ce que vous avez dit.

D’où la confusion que cela peut entrainer pour un européen qui prendra ce oui pour un accord alors qu’il n’en n’est rien.

L’européen attendra une réponse qu’elle soit négative ou positive pour savoir comment il doit s’organiser dans son planning.

La notion d’urgence est beaucoup plus présente dans son esprit alors qu’un asiatique n’aura pas la même sensibilité face à l’urgence.

Non pas qu’il néglige ou ne respecte pas son interlocuteur et n’accorde pas d’importance à ses projets mais tout simplement qu’il a une approche au temps différente.

Avant de se décider un asiatique aura besoin de passer par plusieurs étapes autres que celles d’une simple négociation rationnelle.

La gestion du temps par les deux modes de pensées

Un européen du nord n’aura pas la même approche de la gestion du temps qu’un asiatique, un africain, un sud américain  ou un méditerranéen et inversement.

Car ces deux notions de monochrone et polychrone sont également culturelles.

Il suffit d’avoir un peu voyagé sur ces différents continents pour l’avoir constaté.

Il n’est pas là question de mettre en avant un système plus qu’un autre mais d’avoir conscience de ces différences pour mieux s’y adapter lorsque l’on y est confronté.

Surtout si l’on envisage d’y développer un business quel qu’il soit.

Dans son livre « Catégorie de temps et relativités culturelles » Edward T Hall nous explique ces deux conceptions.

Le mode monochrone selon les pays

Le mode de fonctionnement linéaire se retrouvera plus dans le nord de l’Europe et l’Amérique du nord.

Le temps y est organisé, découpé et mesurable avec une approche productive.

Le respect des horaires et la ponctualité y est considéré comme une preuve de sérieux et de rigueur.

Le temps doit être contrôlé et non gaspillé. La vie professionnelle est clairement séparée de la vie personnelle.

Le mode polychrone selon les pays

A contrario, dans les sociétés méditerranéennes, arabes ou en Inde, le temps y est relatif.

Dans ces cultures polychrones les horaires sont accessoires et le fait de ne pas respecter une heure de rendez-vous ne pose pas de problème.

Cela ne veut pas dire que les choses ne se font pas mais tout simplement que la notion d’urgence n’est pas du tout la même.

Il en est de même pour l’efficacité. Elle est aussi présente dans ces modèles d’organisation mais à des rythmes différents.

Il en découle obligatoirement des comportements diamétralement opposés notamment en ce qui concerne la patience et la relation aux autres.

Evidemment ces deux notions sont des généralités qui tendent à s’atténuer de plus en plus avec la multiplication des échanges entre les différents pays.

Sans parler des échanges universitaires qui favorisent une standardisation chez les nouvelles générations.

En suivant un cursus identique, un anglais et un indien auront tendance à rapprocher leur mode de fonctionnement.

Méthodes d’ajustement pour les deux profils

Il n’y a donc pas un mode meilleur que l’autre mais si vous fonctionnez avec l’un ou l’autre le fait de le savoir vous permet de mieux comprendre celui qui fonctionne différemment.

De cette manière vous pouvez réguler vos approches avec ceux qui ne raisonnent pas comme vous. Surtout si vous êtes dans leur pays.

C’est le lot de tous les expatriés qui comprennent rapidement que l’adaptation est incontournable pour s’intégrer.

Travailler avec des polychrones

Pour entretenir des relations professionnelles équilibrées avec une personne polychrone il est nécessaire de prendre en compte leur mode de fonctionnement.

L’aspect relationnel est très important. La relation passe par la confiance en faisant mieux connaissance.

Comme l’homme d’affaires chinois qui souhaitera déjeuner ou diner avec vous avant de faire du business avec vous sans vous connaitre.

Le polychrone n’hésite pas à mélanger le personnel avec le professionnel. Pour lui c’est une façon de se livrer afin que vous le connaissiez un peu mieux.

Il attend la même chose en retour. On retrouve beaucoup cette approche également dans la culture méditerranéenne.

Cela sert de « Warm up » pour apporter un peu de chaleur à la prise de contact. C’est une manière de briser la glace.

Avoir plus de souplesse avec le planning et impliquer le participant.

L’idée consiste à intégrer plus de souplesse dans les échanges sans pour autant être efficace.

Accepter les changements en les recevant avec philosophie.

Travailler avec des monochrones

Pour travailler avec les monochrones les polychrones devront intégrer un peu plus de rigueur dans leur mode de fonctionnement au détriment de leur instinct créatif.

En revanche ils pourront les amener à se donner plus de marge de manœuvre dans leur planification.

C’est ce que font les polychrones pour avoir plus de latitude à gérer les imprévus sans se mettre la pression.

Ils devront respecter les horaires car pour le monochrone la ponctualité est rarement négociable.

Il en sera de même pour le respect des délais pour les livrables. Bien que sur ce point c’est plus le client qui l’impose.

Quant aux imprévus, il faudra les gérer sans perturber le planning initial du monochrone. En gestion des priorités ce dernier reste assez inflexible.

Il s’attachera tout d’abord à terminer ce qu’il a prévu.

Mode de pensée linéaire et en arborescence

Même si elles ne renvoient pas à la notion temporelle, ces deux modes de pensées se retrouvent respectivement chez les profils monochrones et polychrones.

C’est plus une façon de raisonner et de s’organiser que de gérer le temps.

Mode de pensée linéaire

Quelqu’un en mode de pensée linéaire est souvent monochrone puisqu’il fonctionne étape par étape.

Il a besoin de s’appuyer sur une organisation structurée avec un déroulement logique.

Il ne passera pas à l’étape suivante s’il n’a pas terminé la tâche en cours.

L’avantage est qu’il ne loupera pas d’étape mais l’inconvénient est qu’il peut rester bloqué tant qu’il ne parvient pas à trouver une solution par exemple.

Son manque de souplesse et sa rigidité intellectuelle peut lui faire faire du sur place ce qui peut entrainer une certaine démotivation.

Mode de pensée en arborescence

Un individu avec une pensée en arborescence peut avoir un plan d’action avec des étapes mais il n’hésitera pas à revoir sa copie s’il trouve une solution qui ne le respecte pas.

En effet, ce type de profil est en permanence assaillit d’idées qui s’interconnectent entre elles.

En général il fait partie des personnes polychrones qui peuvent donc gérer plusieurs dossiers en même temps.

L’inconvénient est qu’il peut se disperser et perdre en concentration.

L’avantage est qu’il s’adaptera à une problématique pour trouver une autre solution si celle initialement prévue ne fonctionne pas.

Il a une plus grande capacité d’adaptation.

En résumé

Si vous êtes monochrone vous devrez intégrer un peu plus de souplesse et de marge de manœuvre dans votre façon de vous organiser et de gérer votre temps.

Dans ce cas il y a de fortes chances que vous ayez un mode de pensée linéaire.

Et là aussi, vous devrez apprendre à sortir plus de votre zone de confort organisationnelle.

Pour être plus efficient et vous libérer de vos carcans psychologiques vous devrez faire preuve de plus de souplesse pour mieux vous adapter aux changements.

En revanche, si vous êtes polychrone et plus logiquement en mode de pensée en arborescence, vous devrez être attentif à votre déconcentration et éparpillement.

Contrairement au monochrone, vous devrez vous appuyer sur des méthodes pour mieux vous structurer comme la méthode « Pomodoro » par exemple.

En clair, le monochrone doit assouplir son jeu et le polychrone doit le structurer plus pour parvenir à un équilibre. Surtout s’ils doivent travailler ensemble.

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Je suis Luc Levasseur et depuis 20 ans j'ai moi même appris et appliqué ces techniques dans le monde de l'entreprise. Avec les années, j'ai constaté qu'elles avaient contribué à mon propre développement personnel. Au début, je l'ai fait pour des raisons liées à mon travail mais avec l'expérience et la pratique je me suis aperçu que je les appliquais de manière naturelle même dans ma vie personnelle. Avec ces méthodes j'ai développé mon estime de soi, ma confiance en soi et j'ai appris à m'affirmer sereinement.

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