Le processus d’apprentissage

Avant-propos

Le processus d’apprentissage permet de savoir comment on apprend selon les méthodes et selon notre profil. Certains apprenants seront plus auditifs, d’autres visuels ou kinesthésique (par la pratique). Il y a donc des approches pédagogiques qui vous correspondront mieux que d’autres.

En sachant que l’on peut tout à fait conjuguer plusieurs aptitudes pour intégrer une connaissance.

Il est donc important de connaitre ses aptitudes dominantes pour déterminer la ou les techniques que l’on mettra en place pour mieux apprendre.

Exemple : si vous enregistrez mieux les informations (connaissances) de manière visuelle et que vous ne prenez pas de notes en écoutant seulement un cours vous enregistrerez moins facilement le contenu d’une formation.

 

 

Définition de l’apprentissage

Ensemble des processus de mémorisation mis en œuvre par l’animal ou l’homme pour élaborer ou modifier les schémas comportementaux spécifiques sous l’influence de son environnement et de son expérience.

C’est une combinaison de processus qui permettent l’acquisition d’un savoir, d’un savoir-faire ou d’une connaissance

En apprentissage il y a trois acteurs. L’apprenant, le formateur ou enseignant et le support pédagogique.

En général, le formateur transmet des savoirs faire et l’enseignant des connaissances bien que la frontière entre les deux est de plus en plus perméable.

Les critères de l’apprentissage

  • La méthode
  • La perception
  • La mémoire
  • La concentration
  • Le raisonnement
  • Le langage
  • Les émotions
  • La motricité
  • La communication
  • La culture
  • Le contexte

 

Les trois phases de l’apprentissage

 

Transmission – Rétention – Restitution

L’apprenant passera par trois phases incontournables pour restituer et ou utiliser un savoir et des connaissances.

Transmission

C’est la première phase qui déterminera le niveau d’intégration d’un savoir ou d’un savoir-faire. Selon le profil et la méthode utilisée l’adéquation entre les deux sera plus ou moins puissante et fera qu’il y aura le moins de déperdition.

Rétention

Cette phase détermine le niveau d’acquisition d’une connaissance par l’apprenant. Elle sera fortement conditionnée par la concentration. Plus l’apprenant maitrisera ce facteur plus il retiendra les informations à enregistrer.

Le contexte et l’environnement jouent également un rôle important pour favoriser la rétention.

Restitution

Cette phase sera déterminée par la capacité de la mémoire à restituer les connaissances apprises. La méthode utilisée par l’apprenant pour stocker à court et moyen terme les informations dans sa mémoire conditionneront le niveau de restitution.

Là aussi, plus le support pédagogique sera en adéquation avec les aptitudes cognitives de l’apprenant et plus ce dernier mémorisera facilement le cours.

 

 

Les différents processus d’apprentissage

La transmission de l’apprentissage peut se faire selon plusieurs approches qui seront plus ou moins pertinentes en fonction de l’aspect théorique ou pratique d’un sujet.

Quand les neurosciences rencontrent l’éducation-Eric Gaspar

 

Apprentissage par répétition

C’est une approche kinesthésique qui consiste à faire reproduire par la pratique un exercice.

L’apprenant apprend en faisant.

C’est une méthode active.

 

Apprentissage par association

On associe une connaissance apprise à une nouvelle connaissance pour donner un repère et favoriser l’acquisition de la nouvelle connaissance.

Apprentissage par induction

L’induction est une forme d’apprentissage qui renvoie à la méthode démonstrative qui doit être encadrée pour ne pas fausser l’interprétation de l’apprenant qui pourra simplifier un phénomène par manque de connaissances et en faire une fausse analyse.

Cette approche sollicite le raisonnement qui doit s’appuyer sur des éléments démontrables.

Apprentissage par essais et erreurs

Il s’agit d’une approche pédagogique en utilisant le retour d’expérience pour progresser.

L’apprenant devra faire plusieurs essais et commettra forcément des erreurs pour les utiliser comme des expériences qui l’amèneront à trouver la solution.

Apprentissage par explication

C’est la transmission des connaissances par l’explication. Plutôt théorique on explique oralement, visuellement ou par écrit à l’apprenant ce qu’il doit connaitre.

C’est le principe du manuel d’utilisation du micro-ondes.

C’est une méthode expositive.

Apprentissage par imitation

L’apprentissage par imitation consiste à reproduire un savoir ou une habileté.

L’apprenant apprend par l’observation et en imitant le formateur ou l’enseignant en reproduisant.

C’est par l’imitation que l’enfant se construit en prenant modèle sur ses parents et les adultes de son environnement (parole, langage (champ lexical), gestes, mimiques, comportement, valeurs, etc.

Apprentissage par immersion

Selon le thème des connaissances à acquérir l’immersion reste la seule manière de bien intégrer des savoirs. Ça concerne principalement l’apprentissage des langues mais cela peut aussi concerner un domaine particulier pratiqué dans un pays.

SI l’on prend l’exemple de la cuisine, beaucoup d’apprentis viendront en France pour apprendre les bases de notre gastronomie. Pour apprendre la cuisine japonaise il sera préférable d’aller au Japon.

Car au-delà des techniques il s’agit de s’imprégner de la culture qui a une influence sur la perception pour réaliser les choses. Il s’agit de s’imprégner de l’état d’esprit locale pour mieux comprendre.

Les théories cognitives

Les sciences cognitives abordent le sujet de l’apprentissage à travers les fonctions mentales.

On y retrouve, la perception, la mémoire, le raisonnement, le langage, la motricité, les émotions, la communication, la concentration, la motivation, etc.

L’approche pédagogique cognitive prend en compte l’influence des spécificités culturelles qui a un impact sur les fonctions précitées.

 

Les théoriciens des approches cognitives

Piaget (1896-1980) et le constructivisme

La connaissance se construit par l’articulation entre toutes les fonctions cognitives. Ce sont les connexions entre ces fonctions qui déterminent la qualité de l’acquisition par la mise en pratique.

Exemple :

La gestion des émotions d’un individu a un impact positif ou négatif sur sa motivation, sa concentration et sa mémoire. Tout est lié et entraine des réactions par effet de domino.

Là aussi l’environnement joue un rôle prépondérant.

 

Vygostky (1896-1934) et le socio-constructivisme

Pour Vygostky, la culture et l’environnement social dans le développement de l’enfant, jouent un rôle déterminant.

Il considère cependant que l’adulte doit jouer un rôle de médiation entre les individus.

La culture sociale de l’individu influence l’acquisition des connaissances de par sa perception formatée.

Bruner (1915- ), inspiré par Piaget et Vygostky

Pour formaliser l’apprentissage, l’élève doit être acteur. Le sujet interprète les informations en fonction de sa propre perception.

Pour Bruner il y a deux types d’enseignement

Le mode expositif, l’élève est passif. L’enseignant transmet une information et ou connaissance.

Le mode basé sur l’hypothétique. Il y a interaction entre l’apprenant et l’enseignant.

 

Les théoriciens de la psychologie de l’enfant

Quand on parle d’apprentissage il est nécessaire de savoir que tout part de l’enfant à la base et que les théoriciens du sujet ont depuis longtemps étudié et écrit des ouvrages avec différentes approches.

Sigmung Freud (1856-1939) – Médecin neurologue autrichien fondateur de l’orientation psychanalytique. Pour lui c’est l’enfant qui explique l’adulte. Il attire l’attention sur le rôle de l’environnement dans le développement d’un individu.

Pour Freud ce sont les expériences personnelles qui forgent l’individu. Elles lui permettent de développer ses relations interpersonnelles de l’enfance à l’âge adulte.

Jean   Piaget (1896-1980) – Psychologue suisse qui a orienté ses travaux sur le développement de la connaissance humaine. Il distingue l’intelligence de l’enfant et celle de l’adulte.

Henri Wallon (1879-1962) – Neuropédiatre et pédagogue français. Il considère que les activités mentales sont innées chez l’enfant. Elles se développent au travers des mécanismes qu’il met en place pour se connecter avec son environnement.

Lev Vigotsky (1896-1934) – Psychologue biélorusse. Pour lui c’est l’apprentissage qui détermine le développement chez l’adulte et non l’inverse.

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) – Ecrivain et philosophe suisse. Il place l’éducation au centre du développement qui fait d’un individu un citoyen. Pour lui, l’enfant se construit par les expériences et les connaissances. C’est l’environnement qui crée des conditions favorables ou pas au développement de l’enfant.

Arnold Gesell (1880-1961) – Psychologue et pédiatre américain. Il associe le développement physique au développement psychologique.

Il est l’auteur d’un tableau récapitulatif des différentes phases de développement de l’enfant dans tous les domaines.

Maria Montessori (1870-1952) – Médecin italien. Pour elle l’enfant apprend de manière autonome. L’adulte n’étant présent que pour subvenir à son environnement matériel et social et pour l’accompagner seulement si l’enfant le sollicite.

Elle a ouvert des écoles dans le monde entier qui ont inspiré la création des écoles maternelles.

Célestin Freinet (1896-1966) – Instituteur. Il prône la classe coopérative. Il favorise des règles basées sur la coopération dans un cadre institutionnel d’éducation à la citoyenneté. Il incite les interactions et la communication entre élèves et les parcours d’apprentissages personnalisés.

Fernand Oury (1920-1998) – Fondateur de la pédagogie institutionnelle. Il considère que l’enfant ne peut s’épanouir que s’il n’est pas soumis à l’autorité. La classe doit être en autogestion en accord avec l’autorité et l’enseignant qui ont une relation collaborative.

Pour lui l’enfant doit être impliqué dans l’élaboration des règles institutionnelles. Il ne peut véritablement se développer que s’il a l’initiative de ses activités.

Etude sur l’acquisition des apprentissages

En 2004, l’OCDE a mené une étude dans une quarantaine de pays.

Les résultats ont mis en évidence que les jeunes français se situaient dans la moyenne pour les mathématiques, l’écriture et la lecture.

Cela met en évidence que les méthodes et ou les moyens ne sont pas spécialement pertinents et adaptés pour favoriser l’acquisition de ces trois matières fondamentales.

Neurosciences au service des apprentissages – David Lefrançois

 

 

En résumé

On s’aperçoit que les processus d’apprentissage ont un impact direct sur le niveau d’acquisition des connaissances par un apprenant. L’objet n’est pas de pointer du doigt l’une ou l’autre des méthodes mais d’avoir conscience qu’en fonction du public et du contexte elles atteindront plus ou moins bien leur objectif pédagogique.

 

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4 comments on “Le processus d’apprentissage”

  • Excellent article qui décompose bien finalement tous les différents process. C’est drôle de voir comme chacun a des méthodes différentes… Personnellement, me connaissant, c’est avant le sommeil que je mémorise le mieux et je suis un fervent adepte de l’apprentissage par imitation, à bien y réfléchir 😊😊. Merci Luc

  • Article super intéressant et vraiment complet. Je trouve qu’à l’école on nous apprend pas assez à apprendre justement. On nous laisse nous débrouiller avec nos leçons sans rien nous dire. C’était très difficile pour moi de retenir mes cours quand j’étais petite.

    • Bonjour Maeva,

      C’est toute la difficulté pour le formateur ou l’enseignant. C’est compliqué d’adapter un cours à chaque élève ou stagiaire. Cela dit on a tous eu des profs qui utilisaient la bonne méthode en fonction d’une partie de leur cours. C’est ce que font de nombreux pays et ça fonctionne.

      Merci pour ton commentaire.

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